Baïkal: ce qu'il faut savoir à propos de ce lac... |
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Carte du lac Baikal | Graphisme: © 2008 BaikalNatureTéléchargez gratuitement la version imprimable de cette carte » |
Conquête du BaïkalBeaucoup de gens ont visité le Baïkal depuis les temps reculés ou les premiers explorateurs parvinrent sur ses berges. Les immensités sibériennes ont toujours attiré les voyageurs. Les détachements militaires et les vagues d'explorateurs convoitaient les richesses de Sibérie que colportaient les rumeurs : richesses en fourrures précieuses (zibeline, castor, hérmine, loutre, renard...), en or, argent et pierres précieuses. Les fourrures de Sibérie avaient une valeur rare et étaient l'objet d'un commerce très prisé sur les marchés intérieur et extérieur. Kourbat Ivanoff a bien évalué le lac et les territoires environnants de leurs points de vue économique et stratégique. Le réseau des fortins construits en Baïkalie a longtemps garanti la défense de la population russe et locale contre les invasions des ennemis. La première expédition russe au Baïkal fut entreprise en 1643. L'honneur du titre de premier découvreur de la Perle de la Sibérie appartient à un cosaque, Kourbat Ivanoff, dont le détachement déboucha sur la côte ouest du lac à proximité de l'île d'Olkhon. Le deuxième voyage fut l'expédition de Vassili Kolesnikoff en 1647, qui atteignit le nord du lac et fonda la forteresse en bois de Verkhneangarski. Les informations d'Ivanoff et de Kolesnikoff sur le Baïkal, leurs plans et leurs cartes enrichirent les connaissances géographiques de l'époque. Le Baïkal était visité par toutes sortes de publics : depuis des mendiants jusqu'aux plus hauts dignitaires ; des ambassadeurs et des exilés dépourvus de tous droits, comme l'archiprêtre Avvakoum, auteur du livre "La vie de l'archiprêtre Avvakoum". Cet écrit comporte beaucoup d'inexactitudes et d'exagérations mais il est précieux car dans ce livre, l'auteur donne la première description littéraire de la nature du lac. On trouve des renseignements scientifiques authentiques au sujet du Baïkal dans les descriptions des ambassades russes en voyage pour la Chine. Pour disposer de données authentiques sur la nature et la population, l'Académie de St-Pétersbourg organisa une série d'expéditions à destination de la Sibérie. [...] Etudes du lac BaïkalAu début du XIXe s. le lac était peu visité par les scientifiques, car le gouvernement tsariste manquait de moyens financiers. Créée en 1845, la Société Géographique de Russie entreprit de grands travaux scientifiques. Le 17 novembre 1851, à Irkoutsk, fut ouverte la Section sibérienne de la Société géographique Impériale de Russie. Ainsi furent entamées des recherches systématiques sur la Sibérie et le Baïkal. Le Baïkal fut étudié pendant plus de trois siècles mais nombreux sont les phénomènes dont la signification n'a pu être mise en lumière à ce jour. La nature originale du lac exige beaucoup de patience et de perséverance des scientifiques. Beaucoup de phénomènes intéressants qui trouvent leurs origines dans la mer Baïkal, se doivent encore d'être scientifiquement observés soit même découverts par la science. Mais les savants continuent leurs recherches sur le lac magnifique, recherches minutieuses mais toujours inachevées. A l'avenir, la nature superbe du Baïkal révélera aux savants des phénomènes inconnus à ce jour. [...] L'origine du nom du BaïkalDans les temps reculés, les peuples qui vivaient sur les berges du Baïkal l'appelaient chacun à sa façon. Les chinois, dans les anciens manuscrits, le nommaient « Tenguis », « Tenguis Dalaï » ; les bouriates et les mongols « Baiga'al Dalaï » - le « Grand Lac ». L'origine exacte du mot « Baïkal » reste inconnue. L'hypothèse la plus plausible est que le « Baïkal » est un mot d'origine turque provenant de « baj » - le riche- et « koul » - le lac. Le lac riche. Les premiers explorateurs russes employèrent l'appellation évenk pour « Lamou ». Après l'arrivée du détachement de cosaques de Kourbat Ivanov au bord du lac, les Russes commencèrent à utiliser le nom bouriate « Baïga'al ». Ils adaptèrent la sonorité russe au mot en changeant le « g » caractéristique de la langue bouriate par le « k » qui sonnait mieux - Baïkal ! L'eau du BaïkalLe lac Baïkal est le plus pur réservoir naturel d'eau douce potable de la planète. Sa pureté rare et ses caractéristiques exeptionnelles sont conditionnées par l'activité de sa flore et de sa faune. En une année, l'armada de petites écrevisses Epichura qui vivent dans le lac est capable de nettoyer trois fois la couche supérieure de l'eau sur une profondeur de 50 mètres. L'eau du Baïkal contient très peu de matières minerales dissoutes et en suspension, une quantité infime de matières organiques mais beaucoup d'oxygène. L'excès d'oxygène est dû à la circulation d'eau verticale avant le gel et après la débâcle. Le taux de minéraux de l'eau du lac est de 96,4 Mg / L tandis que dans beaucoup d'autres lacs il atteint 400 milligrammes et plus par litre. L'eau baïkalienne du fait de sa faible teneur en minéraux convient idéalement à l'organisme de l'homme. [...] La superficie et le volume d'eau du BaikalLa superficie de l'eau du Baïkal est de 31500 km2 ce qui correspond à celle de pays tels que la Begique, les Pays-Bas ou le Danemark. D'après sa superficie, le Baïkal est classé en huitième position parmi les plus grands lacs du monde. Dans notre pays, seules la mer Caspienne et la mer d'Aral le surpassent. Le Baïkal contient 20% des réserves mondiales d'eau douce de surface (à l'exception des glaciers, des icebergs et des glaces de l'Antarctique et du Groenland), et plus des 4/5 des réserves en eau douce en l'Ex-URSS. Le volume d'eau du Baïkal est de 23000 km3, ce qui correspond au volume total des cinq grands lacs d'Amérique du nord réunis (Supérieur, Michigan, Huron, Erié et Ontario) ou à la mer Baltique. Le volume du grand lac sibérien est deux fois plus grand que celui du lac Tanganyïka, 90 fois celui de la mer d'Azov et 23 fois celui du lac Ladoga. Seule la mer Caspienne est trois fois plus grande que le Baïkal, mais ses eaux sont salées. Ainsi, le lac Baïkal représente le plus grand réservoir d'eau douce de la planète et le plus grand système d'autorégulation de sa pureté. Pour imaginer l'importance du volume d'eau du Baïkal, rappelons que si l'on coupait tout apport d'eau se déversant dans le lac, l'Angara (l'unique rivière sortant du lac) mettrait 400 ans pour le vider entièrement. Deuxieme comparaison extraordinaire : s'il fallait remplir la dépression du Baïkal en y dirigeant l'eau de tous les cours d'eau du globe, ce processus prendrait 300 jours ! Et enfin, si on gelait toute l'eau du lac et la taillait en blocs de 1 km3 et si on disposait ces blocs en ligne, cette ceinture de glace s'étirerait du pôle nord au pôle sud en le dépassant encore de 3000 km... Profondeur du BaïkalLe Baïkal est le lac le plus profond de la planète. Sa profondeur moyenne est égale à 730 m, déterminée pour la première fois dans les années 30 du XXe siècle par G. Véréchtchaguine. Les recherches de l'Institut Limnologique de la Section sibérienne de l'Académie des Sciences de l'URSS, menées en 1959 à l'aide d'une sonde acoustique, ont fixé sa profondeur maximale à 1620 mètres Plus tard on a porté ce chiffre à 1637 m. Actuellement cette profondeur est considérée comme maximale pour le Baïkal et pour les lacs du monde en général. Faune du BaïkalLa faune du Baïkal est très riche et variée. Le lac est habité par 1550 espèces d'animaux, dont 52 espèces de poissons de sept familles différentes. Plusieurs espèces ne sont présentes que dans ses eaux. Au Baïkal on continue à réaliser des pêches miraculeuses. Les espèces les plus pêchées sont l'omoul, une truite ne se rencontrant que dans le lac et qui peut atteindre 50 cm de long et peser jusqu'à 5 kg, l'esturgeon, qui peut peser jusqu'à 120 kg, le lavaret, de 6 à 8 kg, la barbue, le silure, la carpe, l'ombre... [...] Phoque d'eau douce, le Nerpa du BaikalLe Nerpa est le seul phoque d'eau douce au monde. Il occupe tout le bassin du lac, mais surtout les parties nord et centrale. Très curieux, le Nerpa approche parfois assez près les bateaux à la dérive, quand le moteur est à l'arrêt, et les observe longuement en flottant à la surface. Selon les estimations des spécialistes, on recense actuellement environ 200 000 spécimens (données 2002). Aujourd'hui encore les chercheurs émettent des hypothêses différentes sur son apparition dans le Baïkal. Selon les uns, il serait le descendant d'espèces qui peuplèrent au Tertiaire la mer intérieure disparue depuis des milliers d'années. Selon les autres, il s'agirait d'un vestige de la faune d'eau douce de l'Asie du Nord du début du Tertiaire; une explication équivalente tente de justifier l'apparition du corégone dans ce lac. Et pourtant, la majorité d'entre eux se rallient à l'avis de I.D. Tcherski (1845-1892, savant, grand explorateur du Baïkal et de la Sibérie) qui avait suivi le cours des fleuves reliant le sud de la Sibérie à l'Océan Arctique (Océan - Iénissei - Angara - Baïkal). La plus importante communauté de Nerpas vit sur les côtes des îles Ouchkani au mois de juin. Au coucher de soleil les nerpas reviennent en nombre vers les îles. Selon les chercheurs, le nombre d'individus au sein de la colonie Ouchkani se situe aux environs de 2000 et reste inchangé depuis 1934. [...] Autrefois on utilisait la graisse du Nerpa pour la tannerie et la savonnerie. Les autochtones apprecient cette graisse pour ses propriétés curatives et l'utilisent pour le traitement des maladies pulmonaires ainsi que pour les ulcères de l'estomac. La faune dans la partie ouverte du BaikalLa faune dans la partie ouverte de lac est endémique à concurrence de 60% des espèces. On y retrouve des zibelines, des écureuils et des renards, mais aussi des lynx, des gloutons, des ours, des putois, des élans, des cerf, des boeufx musqués, des moutons des neiges, des chevreuils, des lièvres et des écureuils terrestres de Sibérie. On compte également des renards bleus et des hermines. L'ours atteint une massede de 200 à 300 kg et une talle (debout) de 2 m. Il se nourrit généralement d'herbes, de noix de cèdre et de baies. Il peut en manger pas moins d'une dizaine de kilos par jour. Pendant les mois d'automne, il accumule de la graisse à concurrence de 35 % de sa masse corporelle et, avec les premières neiges, s'installe dans une tanière orientée au sud pour hiberner pendant 165 jours. Dans la taïga environnant le Baikal il faut redouter la rencontre avec les loups, extrêmement dangereux en hiver pendant la période de famine. Des 1550 espèces animales, 848 sont uniques au monde. Les sientifiques peuvent observer au Baïkal un laboratoire naturel, unique en son genre, dans lequel se produisent les processus mysterieux de l'évolution de la vie. » Les textes de cette page sont abrégés. Retrouvez la version intégrale sur notre site LacBaikal.org ! |
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